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Élections européennes 2014 : le vote de l’énergie

Citoyens européens, les prochaines élections européennes auront lieu le 25 mai prochain. À cette occasion, vous et 500 millions d’électeurs européens seront appelés à choisir les 751 représentants qui siègeront au Parlement européen pour les cinq prochaines années.

Energystream vous propose aujourd’hui d’avoir une vision plus claire sur les enjeux énergétiques européens actuels, la feuille de route à horizon 2050 ainsi que les orientations énergétiques proposées par les grands partis européens en vue de ces élections.

Les enjeux énergétiques européens soulignent la nécessité d’une politique énergétique commune

Le défi majeur actuel en Europe en termes de politique énergétique est la sécurité des approvisionnements. Cet enjeu fort pour les pays européens est lié à trois problématiques :

–       L’Europe dispose de peu de réserves : elle est grandement dépendante des importations dans le domaine énergétique,

–       L’augmentation des prix de l’énergie entraîne des coûts importants pour les consommateurs mais également pour les entreprises, ce qui entrave la compétitivité européenne,

–       Le changement climatique impose la réduction des émissions de gaz à effet de serre et donc l’amélioration de l’efficacité énergétique.

À l’heure actuelle, l’Union Européenne (UE) importe plus de 60% de son gaz et plus de 80% de son pétrole. Alors qu’elle dépasse déjà les 50% d’importations d’énergie, la dépendance européenne pourrait passer à 70% d’ici 20 à 30 ans.

Pour le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, la situation est claire : ” les défis énergétiques du 21ème siècle nécessitent une action européenne commune. L’Union européenne est un élément essentiel dans la fourniture d’une énergie durable compétitive et sûre aux citoyens européens. Une approche commune exprimée d’une seule voix, permettra à l’Europe de jouer un rôle prépondérant dans la recherche des solutions énergétiques “. Selon lui, L’Europe doit refuser “toute forme de nationalisme dans le secteur énergétique” et il souligne que ” l’unité des 25 pays est le seul moyen pour faire face aux défis énergétique du 21ème siècle “.

Des obstacles à une politique commune liés à la diversité des approches européennes

Chaque Etat possède pourtant sa propre approche de la politique énergétique et son propre bouquet énergétique (nucléaire, charbon, gaz, énergies renouvelables…). Ces diversités d’approches et de dépendance notamment vis-à-vis du gaz russe empêchent l’émergence d’une politique énergétique commune. De plus, les difficultés liées à la mise en place d’une politique étrangère et de sécurité commune n’incitent pas les pays de l’UE à avoir un discours énergétique cohérent et unifié vis-à-vis des pays fournisseurs.
Enfin, même le développement des capacités de production européennes (énergie nucléaire, gaz de schiste, énergies renouvelables…) et la lutte contre le changement climatique connaissent d’importantes divergences de points de vue de la part des pays de l’UE. Ainsi, l’Irlande et l’Autriche sont farouchement opposés au nucléaire, tandis que la Pologne et la République Tchèque refusent de faire de la lutte contre le changement climatique une priorité.

Au-delà des Etats, de nombreuses contestations continuent à éclore pour dénoncer les politiques énergétiques en Europe. En tête de liste, les ONG et notamment Greenpeace qui a récemment lancé un tour d’Europe en voilier depuis Fessenheim pour dénoncer le risque nucléaire, toujours présent selon eux 28 ans après l’explosion dans la centrale de Tchernobyl.

Malgré ces approches nationales diversifiées et ces contestations, les Etats membres s’efforcent de définir des orientations communes pour l’avenir.

Une feuille de route énergétique à horizon 2050

« Vers un secteur énergétique sûr, compétitif et décarboné », c’est le nom de la feuille de route pour l’énergie à horizon 2050 qui a été présentée par la Commission européenne en 2011.

L’objectif est de proposer différentes alternatives pour atteindre la réduction de 80 à 95% des émissions de C02 d’ici 2050, tout en renforçant la compétitivité de l’Europe et la sécurité de l’approvisionnement.

Cette feuille de route a été complétée par la Commission européenne  dans le cadre de la « Stratégie Europe 2020 ». Cinq priorités de politique énergétique y sont formalisées :

–       Limiter la consommation d’énergie en Europe,

–       Mettre en place un marché intégré de l’énergie paneuropéen interconnecté et pleinement opérationnel,

–       Responsabiliser les consommateurs et maximiser la sûreté et la sécurité,

–       Accroître le rôle prépondérant joué par l’Europe dans le développement des technologies et de l’innovation liée à l’énergie, en facilitant notamment les investissements,

–       Renforcer la dimension extérieure du marché de l’énergie de l’UE.

Un « Livre vert »a également été proposé le 27 mars 2013 pour donner un « cadre pour les politiques en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 ». Enfin, la commission européenne a présenté un deuxième paquet énergie-climat le 22 janvier 2014. L’objectif est d’établir « une économie de l’UE compétitive, sûre et à faibles émissions de carbone ».

Les orientations énergétiques des candidats en vue des européennes

Un des grands sujets de l’élection européenne est évidemment la transition énergétique. Quatre partis sont d’accord pour une politique commune de rénovation thermique. Ainsi, près de 90 candidats aux élections se sont engagés en faveur du manifeste Renovate Europe qui vise à réduire de 80% la demande énergétique des bâtiments en Europe d’ici 2050. Les Verts sont les plus nombreux à avoir signé, suivi des candidats du PPE, et des socialistes. Du côté français, Sophie Auconie (UDI), Pascal Durand (EELV), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) ou Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (PS) ont notamment apporté leur soutien au manifeste.

Outre cet accord entre les différentes parties prenantes, quelles sont les orientations énergétiques choisies par les grands partis ?

Le PPE (Parti Populaire Européen) et son candidat Jean-Claude Juncker prônent la continuité des réformes énergétiques engagées et une politique industrielle et énergétique commune, avec « l’émergence de grands champions européens ».

Les socio-domécrates, qui ont pour candidat Martin Schulz, sont également pour le développement d’une communauté des énergies au sein de l’Europe et mettent l’accent sur les investissements dans l’économie verte, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies vertes.

Le Front de gauche propose un débat public national immédiat sur la politique énergétique en Europe et la place du nucléaire qui se terminera par un référendum.

Le Parti libéral, quant à lui, est souvent considéré comme la troisième force qui fait la décision au sein du parlement. On y retrouve notamment l’UDI et le MODEM français. Le parti et leur candidat Guy Verhofstadt, souhaitent « plus d’Europe » pour sortir de la crise et est également farouchement en faveur d’une communauté européenne de l’énergie. La transition énergétique est également au cœur du programme du parti libéral. Pour le candidat UDI Stephen Boucher, « la facture énergétique Française pèse 70 milliards d’euros par an [soit l’équivalent du déficit commercial] ; nous avons un intérêt évident à mettre en place la transition énergétique, en termes d’emploi et de croissance »

Enfin, les Verts, dont fait partie en France Europe-écologie-les-verts, ont un projet très volontaire et très européen : un « New deal vert ». Selon Pascal Durand, candidat EELV et tête de liste pour les Européennes, «  la transition énergétique permettra de créer des emplois en France et en Europe ». Des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement climatique et d’énergies renouvelables, la sortie de l’Europe du nucléaire et le refus des gaz de schiste sont les trois principaux axes des verts européens.

En conclusion nous avons pu voir qu’au niveau européen, de nombreux objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre viennent d’être fixés à l’horizon 2030. Cependant toutes les institutions européennes sont loin d’afficher le même niveau d’ambition sur la transition énergétique : « seul le Parlement européen soutient réellement l’efficacité énergétique, la Commission et le Conseil sont plus frileux », déplore le lobbyiste Rodolphe Nicoll. Ainsi, c’est un choix lourd de conséquences qui est entre les mains des électeurs, car il engage profondément l’orientation des politiques énergétiques de l’UE.

Si vous avez encore des doutes sur votre vote le 25 mai prochain, le Huffington post vous propose un quiz pour connaitre le parti avec lequel vous partagez le plus d’idées, n’oubliez pas de tenir compte des enjeux énergétiques avant de vous décider !

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