L’accident de Fukushima en 2011 a relancé le débat sur le nucléaire dans le monde et particulièrement en France où cette source d’énergie est à l’origine de près de 75% de l’électricité produite. Outre la question de la sécurité des centrales et de la dangerosité des déchets générés, c’est le coût de cette technologie qui est de plus en plus remis question.

Le nucléaire, une éternelle polémique

Malgré les avantages de cette technologie (coûts de production faible, pas d’émissions de gaz à effet de serre, abondance du combustible utilisée) ; aucun moyen de production d’électricité n’a été autant controversé que le nucléaire. Avec le vieillissement des centrales existantes, le durcissement des normes de sécurité et les difficultés que connaissent la construction des centrales de nouvelle génération, un paramètre jusqu’alors à l’avantage du nucléaire pourrait en devenir un inconvénient : son coût.

Un coût du nucléaire difficile à estimer

Le coût du nucléaire, comme celui des autres énergies, est calculé en faisant le ratio actualisé de l’électricité produite sur l’ensemble de la durée de vie de la centrale par rapport à l’ensemble des coûts engendrés (de la construction au démantèlement).

Or, ce coût est particulièrement difficile à estimer du fait de l’importante durée de vie des centrales, du cadre réglementaire en perpétuelle évolution (normes de l’ASN) mais surtout du manque de recul sur les coûts de fin de vie des centrales, notamment les coûts de maintenance des vieilles centrales et les coûts de démantèlement.

La fin du nucléaire bon marché ?

En 2014, la cour des comptes a publié une nouvelle estimation du coût du nucléaire français, en augmentation de 20% par rapport au dernier calcul de 2010 pour atteindre près de 60€/MWh. Si ce coût reste plus faible que celui d’autres énergies (environ 85€/MWh pour l’éolien terrestre et 150€/MWh pour les nouvelles installations photovoltaïques), son évolution est très différente : pendant que le coût du nucléaire a augmenté de 20%, celui du photovoltaïque a diminué de moitié.

De plus, ce coût estimé du nucléaire se base essentiellement sur l’électricité produite par les centrales existante. Si l’on ne considère que les nouveaux moyens de production pour lesquels les coûts de construction ne sont pas les mêmes que dans les années 70/80, le coût du nucléaire sera probablement plus élevé que celui de l’éolien

Des arbitrages à faire pour les investissements des prochaines années

À l’heure de la transition énergétique et de la réflexion sur le mix énergétique de demain, le nucléaire n’est plus un choix manichéen pour lequel il faudrait s’afficher « pour » ou « contre ». Le coût du nucléaire existant et celui des futures installations étant très différent, ce sont deux problématiques distinctes qui se posent aujourd’hui :

  • Faut-il prolonger la durée de vie des centrales actuelles ?
  • Faut-il construire de nouvelles centrales nucléaires ?

Pour la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Ségolène Royal, la réponse à ces deux questions est pour l’instant positive

Ainsi, le nucléaire reste prisé par les politiques français car il permet de répondre aux problématiques d’indépendance énergétique et du réchauffement climatique. Néanmoins, son coût croissant, en particulier celui des EPR de 3e génération, est un argument de plus pour se tourner vers un modèle basé sur le renouvelable plutôt que sur le nucléaire.