À l’approche de la COP21 (21ème Conférence des Parties), convention des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris en fin d’année, de nombreuses personnes et organisations émergent du brouillard de particules fines.

Quand les uns plutôt observateurs attendent les engagements de chaque nation pour un éventuel accord universel, d’autres prennent les devants et s’engagent à plus petite échelle dans cet objectif fixé en 2009 à Copenhague de limiter le réchauffement climatique à +2°C.

Un camp d’innovation au château de Millemont

C’est le cas du POC21 (Proof Of Concept, ndlr) qui se tient au château de Millemont (78) depuis le 15 août et se terminera le 20 septembre. Défini comme un « Innovation camp » par les deux co-organisateurs : Ouishare (Paris) et Open State (Berlin), toutes deux associations à but non lucratif visant notamment à faire émerger une société plus collaborative, le groupe de « neeks » (mélange de nerd et geek) ou encore « makers » se décrit comme « eco hacking the future ». Leur objectif : prototyper ensemble une société zéro carbone et zéro déchet au travers de 12 projets open source apportant des solutions pour le climat et la transition énergétique, afin d’aboutir à une société vraiment durable.

Adressant plusieurs secteurs tels que l’énergie, l’habitat, la mobilité, ou encore l’alimentaire, on retrouve notamment parmi les 12 projets :

  • SolarFlower’s vertical axis wind turbine : conçue par une équipe du Royaume-Uni, il s’agit d’une petite éolienne en matériaux recyclés que l’on peut monter soi-même pour 30€, et capable tout de même de délivrer 1kW ! (moyennant un vent de 60km/h, parfait donc dans les régions bercées par le mistral ou la tramontane, ou encore sur le beau littoral breton). Pour contextualiser, un foyer français moyen consomme environ 19kwh quotidiennement. Si l’on s’en tient à l’hypothèse commune qu’une éolienne produit environ 25% du temps, cela signifierait que SolarFlower est capable de satisfaire 32% de cette demande quotidienne.
  • Faircap (qui n’est pas sans rappeler LifeStraw ou Aquamira Frontier), projet espagnol, est un filtre au charbon actif imprimable en 3D pour moins d’un euro et adaptable à toute bouteille d’eau, dont l’enjeu est particulièrement important dans les pays en développement où l’accès à lune eau potable régit la survie…
  • Enfin, un projet français  : Biceps Cultivatus est un meuble de cuisine mélangeant élevage aquaponique, conservation d’aliment, robot de cuisine et compostage, le tout sans apport d’énergie électrique ! basé sur des principes d’autorégulation, l’élevage produit des aliments marins et jumelé à l’usage du sable permet de conserver des aliments tels que des légumes.

Des initiatives Bottom-up

Avec un budget global de 1 000 000€, POC21, à l’image d’autres mobilisations de cette nature, se dote d’une bonne visibilité. Malgré tout, de tels efforts peuvent parfois paraître vains face à l’inertie des administrations et au peu d’intérêt de l’opinion publique. Cependant,  dans une période de changement, deux mouvements opèrent souvent, ici bien illustrés: le top-down (COP) et le bottom-up (POC), chacun indispensable à l’atteinte de toute cible.

En effet, au terme de ces 5 semaines de camping aux allures très écoresponsables baptisé « la factory », le groupe souhaite parvenir à livrer un catalogue type « IKEA » rassemblant une ligne de produits « sexy comme Apple et ouverts comme Linux », avec l’espoir d’insuffler leur paradigme à notre société. Et le dernier weekend de cette aventure se solde les 19 et 20 septembre par une exposition accessible au public moyennant une inscription (gratuite) préalable en suivant ce lien.

Enfin, durant les 15 derniers jours avant la COP21, de nombreux « fablabs » seront montés dans Paris (informations à venir sur leurs site et réseaux sociaux) pour permettre au grand public de découvrir, se former et pouvoir construire eux-même les objets qui demain peut-être contribueront à un avenir durable.