Alors que la Chine est encore victime de l’Airpocalypse, pollution extrême de l’atmosphère en particules fines, la COP21 s’est ouverte ce lundi 30 novembre à Paris – Le Bourget en présence des représentants de 195 pays à travers le monde avec un principal objectif en tête : limiter la hausse du réchauffement climatique à 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle. Après 4 jours de négociations, où en sommes-nous ?

 

Tour d’horizon des engagements pris avant le lancement de la COP21

Nombre de promesses et engagements ont été faits par les pays en amont de l’événement, citons-en ainsi quelques-uns :

  • Union Européenne : réduction de 40% des émissions des GES (Gaz à Effet de Serre) d’ici 2030 par rapport à 1990 ;
  • États-Unis : réduction de 26 à 28% des GES d’ici 2025 par rapport à 2005 ;
  • Russie : réduction de 25 à 30% des GES d’ici 2030 par rapport à 1990 ;
  • Suisse : réduction de 50% des GES d’ici à 2030 par rapport à 1990 ;
  • Inde : 40% de la production d’électricité à partir d’énergies non-fossiles d’ici à 2030.

Néanmoins  ces objectifs sont assez disparates ; en effet la base retenue n’est pas toujours la même (ici 1990 ou 2005) et les moyens peuvent être remis en question. Par exemple, la Russie compte atteindre son objectif en grande partie grâce à l’importance de ses forêts et non par la mise en place de mesures drastiques visant à réduire ses émissions de GES.

Premier bilan : des engagements étatiques très lents…

word cloud electronic tree : smart grid (cs5)Tout d’abord on remarque certaines dissensions dans les discours des différents chefs politiques ; tous ne sont pas prêts à s’engager de la même façon ou de façon très astreignante. Ainsi, les États-Unis ont affirmé à quelques jours du lancement de la COP 21 qu’il « n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants » tandis que François Hollande affirmait que « si l’accord n’est pas juridiquement contraignant, il n’y a pas d’accord. Parce que ça voudra dire qu’il n’est pas possible de vérifier ou de contrôler les engagements qui seront pris ».

Néanmoins, les présidents américain et français ont présenté conjointement une proposition intitulée « mission innovation » et impliquant vingt pays (dont la Chine, les Émirats arabes unis, les États-Unis, le Brésil, et la France). L’engagement pris par ces pays serait de doubler leurs investissements dans la recherche et le développement des énergies propres dans les cinq prochaines années.

Du côté du continent Africain, le président français a promis des aides massives, constatant que « l’Afrique subit les conséquences du changement climatique alors qu’elle n’en est pas responsable » ; dès lors la France participera à hauteur de 6 milliards d’euros de 2016 à 2020 afin de mettre en place un projet d’électrification du continent.

L’engagement vient aussi des villes, puisque, lors de la 3ème journée de la Conférence des parties, près de vingt villes du monde se sont engagées à consacrer 10% de leur budget afin de faire face aux risques climatiques.

 

Mais tout cela reste peu et ce sont des promesses bien souvent répétées. On remarque surtout qu’un certain nombre d’options restent encore ouvertes, il y a en effet près de 1400 points qui n’ont pas été tranchés et cela fait craindre qu’un accord sera difficile à trouver. Le cœur du problème reste la question des mécanismes de transparence, de suivi et de révision des engagements.

… Mais quelques participations privées positives

Talk in GreenBill Gates, cofondateur de Microsoft, a créé un fonds d’investissement privé, « Breakthrough Energy Coalition », avec comme ambition de financer les entreprises qui proposent et commercialisent des solutions énergétiques propres. Dans le groupe d’investisseurs, on retrouve notamment Mark Zuckerberg (Facebook), Xavier Niel (Free) et Reid Hoffman (Linkedin). Ces financements serviront notamment à appuyer des projets innovants dans des domaines tels que les transports ou l’agriculture.

Le modèle de cette initiative est basé sur la mise en place d’un partenariat public/privé, regroupant des gouvernements, des instituts de recherche et des investisseurs. Si des accords étatiques ne peuvent être pris ou tenus, c’est au moins via les initiatives locales que seront tirées les ambitions.

Après quelques jours de discussions et négociations, on observe que plusieurs initiatives d’importance ont vu le jour mais n’oublions tout de même pas le poids écologique de cet événement d’envergure… Ces projets suffiront-ils afin de limiter la hausse du réchauffement climatique en dessous du seuil critique des +2°C ? Les prochains jours seront déterminants !