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[Infographie] Quels business models pour la Smart City ? (2/2)

Ce second article d’une série de deux se propose d’explorer le sujet encore peu traité du financement des smart cities et de leur rentabilité.

Qui doit financer la Smart City et quels projets ? Par quels moyens ? Comment définir la rentabilité d’un projet Smart City ? Quels sont les projets rentables ? Voici quelques-unes des questions auxquelles cet article tente d’apporter une réponse.

 

Quel besoin de rentabilité pour les villes ?

Le développement des villes intelligentes en France et dans le monde oblige à redéfinir les missions que les collectivités assurent. Si nous avons exploré dans l’article précédent l’aspect purement économique de la Smart City via les différents business models existants, il est important de rappeler les différentes missions de service public que la ville doit remplir.

Ainsi, la ville doit répondre aux trois grands principes du service public :

  • Le principe de continuité du service public, il repose sur la nécessité de répondre aux besoins d’intérêt général sans interruption.
  • Le principe de l’égalité devant le service public : cela signifie que toute personne a un droit égal à l’accès au service, participe de manière égale aux charges financières résultant du service et que chaque personne doit être traitée de manière égale.
  • Le principe d’adaptabilité ou de mutabilité : il s’agit davantage d’assurer au mieux qualitativement un service plutôt que sa continuité dans le temps. Cela signifie que le service public ne doit pas demeurer immobile face aux évolutions de la société ; il doit suivre les besoins des usagers ainsi que les évolutions techniques.

Transport des citoyens, ramassage des déchets, distribution de l’eau et de l’énergie ou encore éclairage public : tous ces services sont assurés par la collectivité elle-même ou délégués à des entreprises privées. La digitalisation de ces services est au coeur de l’évolution des villes vers de véritables territoires intelligents.

Dans cette trajectoire de digitalisation des services, la rentabilité financière de ces derniers ne peut pas être le seul critère de déclenchement ou même de réussite d’un projet. Beaucoup de services indispensables à la bonne gestion d’une ville ne peuvent pas être jugés à l’aune de cette rentabilité financière. Cependant, la digitalisation vise à la fois une augmentation de l’efficacité et de la performance globale, ainsi que des économies de fonctionnement.

Il est nécessaire d’utiliser un indicateur plus qualitatif que le simple critère financier afin de mesurer pleinement les apports de la digitalisation des services urbains sur son environnement et ses habitants.

Rentre en jeu alors la notion de de ROI extra financier. Cet outil permet de mesurer non plus seulement la rentabilité financière d’un projet mais également toutes ses retombées socio-économiques, environnementales ou encore sociétales.

Les projets publics au sein des villes ont un impact sur la totalité des acteurs (citoyens, touristes, entreprises, services publics etc.) et beaucoup de services ne nécessitent pas forcément de transaction financière (tel que l’éclairage public) ou sont alors largement subventionnés pour qu’ils restent accessibles (transport en commun).

 

La mesure de l’impact des projets Smart City

L’étude « Smart City : gadget ou création de valeur ? » réalisée en 2017 par Citizing et Opencitiz a étudié plusieurs projets de ville intelligente sur le territoire français et a analysé leurs impacts grâce à trois indicateurs :

  • La VAN (valeur actualisée nette) : permet de calculer la rentabilité nette d’un investissement. Elle représente alors la valeur des flux de trésorerie liés à l’investissement.
  • La VAN socio-économique : représente la création de valeur collective créée par le projet.
  • La valeur collective créée par euro public investi : représente l’ensemble des bénéfices socio-économiques et environnementaux du projet sur toute sa durée de vie, rapportée au coût socio-économique du projet

Nous prendrons ici l’exemple de deux projets tirés de ce rapport :

  • Un projet de « Smart lighting» concernant l’éclairage public dans la commune de Rillieux-La-Pape, au sein de la métropole du Grand Lyon.
  • Un projet de système de gestion intelligente des déchets dans l’agglomération de Besançon.

 

 

L’étude inédite de Citizing et Opencitiz permet de mettre en évidence l’importance de la prise en compte des impacts socio-économiques dans le développement de ces projets, du fait de la nature de leur périmètre d’action.

De cette étude transparaît nettement que des projets peuvent être non seulement rentables financièrement, permettre des gains d’efficacité mais être aussi rentables d’un point de vue socio-économique pour la collectivité.

 

Sources :

« Smart City : gadget ou création de valeur collective ? L’évaluation socio-économique appliquée à la ville intelligente à travers cinq études de cas, par CITIZING et OpenCitiz pour le Groupe Caisse des Dépôts, Syntec Numérique, Advancity et Systematic Paris-Région, novembre 2017 »

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/approfondissements/notion-service-public.html

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