Le 6 juin 2012, la revue Nature titrait “Rio, une seconde chance pour la planète” en référence au Sommet de Rio 1992. Le monde attendait de ces conférences qu’elles sauvent la Terre, les dirigeants mondiaux ont tenté leur chance en 1992, ils ont réitéré en 2012.
Retour sur 40 ans de rencontres au sommet.

La dynamique de Stockholm

En 1972 à Stockholm, la conférence des Nations Unies sur l’EnviTerre durableronnement Humain (CNUEH), considérée comme le premier sommet de la Terre, place pour la première fois l’environnement et sa protection au centre des préoccupations internationales. Cette conférence lance le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et la dynamique des rencontres décennales des dirigeants mondiaux. Ces sommets visent à favoriser les échanges internationaux et à décider des grandes orientations sur les nouveaux modèles de croissance et le développement durable.

1992 : le sommet où tout était possible

Après l’échec de Nairobi en 1982, le sommet Rio de Janeiro en 1992 affiche d’ambitieux objectifs avec la ratification par les 173 pays de l’Agenda 21, plan d’actions durables pour le XXIe siècle. Si les objectifs affichent une portée globale, leur mise en œuvre se veut locale. Les collectivités territoriales sont incitées à mettre en application ces principes en se dotant d’Agenda 21 locaux, destinés à favoriser les partenariats publics-privés dans le développement des territoires.

En 2011, plus de 750 Agendas 21 locaux en France étaient dénombrés par l’INSEE. De l’avis de Gilles Berhault, président du Comité 21 qui applique l’Agenda 21 en France, “le sommet Rio de 1992 a eu une qualité rare : il portait un message d’enthousiasme fondateur”.
Parmi de nombreux exemples d’actions locales, nous soulignons l’engagement de la Communauté urbaine du Grand Nancy qui aide les particuliers à financer leurs travaux d’isolation ou encore l’agglomération Orléanaise qui a mis en place des bornes à énergie solaire “Borneo© City” destinées à recharger les petits appareils électriques mobiles.

Malgré ces engagements ambitieux, le bilan est maigre : sur 90 objectifs, seuls quatre ont enregistré «des progrès significatifs ». Nous repensons alors à la phrase de The Economist « on a essayé d’en faire trop ».

2012 : l’espoir durable

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs” lançait Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg… 10 ans plus tard, la conférence Rio+20 s’est achevée le 22 juin avec l’adoption d’un texte intitulé “L’avenir que nous voulons“, décrié par la plupart des ONG. Le texte n’apporte ni proposition majeure ni plan d’action. Son manque de vision globale et d’engagement pour l’avenir reflète un consensus international minimum et un changement de rapport de forces politiques en faveur des pays émergents. Notons également l’absence remarquée des chefs d’Etat des grandes puissances mondiales, hors Brésil et France.

Rio +20

Heureusement des optimistes comme Pierre Gadonneix, Président du conseil mondial de l’énergie, affirment que “la seule capacité de ce processus à rassembler, partager les enjeux, rechercher un consensus planétaire et engager les pays depuis vingt ans et encore maintenant malgré de nombreuses crises, constitue, en soi, une réussite

Kandeh Yumkella, président d’ONU-Énergie, va dans ce sens également et défend que “Rio + 20 est assurément un succès. Le monde a reconnu ici qu’il ne pouvait y avoir de développement durable sans un accès pour tous à l’énergie durable”.

Le sommet a effectivement permis de réaffirmer la nécessité d’atteindre au plus vite l’électrification universelle pour développer les zones rurales. Aujourd’hui encore, 1,4 milliards d’humains n’ont pas accès à l’électricité, avec une population mondiale et des besoins en énergie qui ne cessent de croître. Il semble alors impossible de fournir l’énergie nécessaire aux 9 milliards d’hommes qui peupleront la Terre en 2050 en laissant la part belle aux énergies fossiles, sans parler des conséquences climatiques.

Rio à la recherche de l’économie verte ou le monde à la recherche d’un paradigme? Soutenir la croissance en consommant moins de ressources naturelles, en somme mettre en œuvre une politique du gagnant-gagnant à l’échelle mondiale avec toutes les disparités de développement connues! Le New York Times titre pourtant “tout n’était pas complètement perdu“. Même si les avancées de ce sommet ont pu décevoir et malgré l’augmentation de 50% des émissions mondiales de CO2, l’espoir vient des énergies solaires et éoliennes dont le développement s’intensifie plus vite que prévu et dont le coût se réduit nettement. “La révolution des énergies solaires et éoliennes commence à peine. Mais avec de la détermination (…) l’optimisme pourrait bien être à l’ordre du jour quand Rio+30 se présentera.” conclut le quotidien new-yorkais.