Début avril 2013, Energystream expliquait que Londres avait donné son ‘Go’ administratif pour la construction de 2 réacteurs EPR sur le site d’Hinkley Point en Angleterre. Ce 21 octobre 2013, une nouvelle étape vient d’être franchie, puisque Londres et EDF ont officialisé leur accord final.

Un accord de principe sur les termes commerciaux du contrat

Depuis avril 2013, les négociations entre les deux parties ont principalement porté sur les aspects commerciaux du programme. Leurs aboutissements ont donc été dévoilés :

  • Le prix fixe de rachat de l’électricité produite sera de 92,5 livres par mégawatheure produit (soit 109 euros). Ce prix sera abaissé à 89,5 euros si EDF construit deux réacteurs nucléaires EPR supplémentaires à Sizewell, dans l’Est de l’Angleterre.
  • La durée de la garantie de ce tarif de rachat a été fixée à trente-cinq ans à compter de la date de mise en service de la centrale (alors qu’EDF demandait initialement quarante ans).
  • EDF remboursera un trop-perçu si les prix de marché dépassent le tarif convenu et, dans le cas contraire, EDF recevra un paiement complémentaire.

Une nouvelle structure de partenariat autour d’EDF pour Hinkley Point

Pour rappel, le britannique Centrica s’était désengagé du programme en février 2013. EDF cherchait depuis de nouveaux investisseurs, car le Groupe français ne peut pas assumer les coûts seul (estimés à près de 19 milliards d’euros).
EDF a annoncé la nouvelle structure du partenariat industriel pour le projet, et sera accompagné par deux groupes chinois, CGN (China General Nuclear Corporation) et CNNC (China National Nuclear Corporation), qui auront une participation de l’ordre de 30 à 40%. Le français Areva détiendra environ 10% des parts, et fournira les chaudières nucléaires et le contrôle commande.
D’autres partenaires pourraient toutefois encore rejoindre le programme.

Le début des travaux ? Patience…

La signature de cet accord n’est pas le dernier prérequis avant le début des travaux de construction.
La Commission européenne doit d’abord donner son feu vert au programme, en validant le niveau de prix conclu entre EDF et Londres. Bruxelles vérifiera que le tarif garanti n’est pas considéré comme une aide d’État contraire au droit communautaire.
Ensuite, le groupe français se donne jusqu’à juillet 2014 pour prendre une décision finale d’investissement dans la centrale.
Dans tous les cas, la mise en service du premier réacteur n’est pas attendue avant 2023. La centrale, dont la construction pourrait engendrer la création de 25 000 emplois au Royaume-Uni, devrait à elle seule couvrir jusqu’à 7% de la demande d’électricité de nos voisins britanniques.