La transition énergétique est l’affaire de tous. La loi de la transition énergétique prévoit à ce titre l’ouverture du financement des projets « verts » des entreprises privées ou publiques au financement participatif ou crowdfunding. Si ce type de financement ne permettra peut-être pas aux projets de voir le jour, il peut fortement y contribuer.

ENGIE a lancé le 6 octobre 2015 sa plateforme de crowdfunding appelée GreenChannel. Dix ans auparavant, ENGIE avait ouvert le premier parc éolien participatif – le parc du Haut des Ailes grâce à un modèle d’actionnariat local. Depuis lors, ENGIE a développé trois modèles de financement participatif notamment dans l’éolien :

  • L’actionnariat local : investissement de riverains,
  • Le protocole foncier : accord entre propriétaires agricoles ou exploitants
  • La société d’économie mixte (SEM) : co-investissement entre énergéticiens et une ou plusieurs collectivités locales.

Aujourd’hui, le groupe se lance dans le pari de financer des projets de développement des énergies renouvelables sur le territoire grâce aux internautes et au crowdfunding. Incubée par ENGIE, GreenChannel est une start-up fondée par un collaborateur du groupe, Mathieu Dancre. La volonté de son président-fondateur est est de permettre l’acceptation des projets locaux par la population urbaine et rurale en les impliquant dès la phase de financement du projet. Plus encore, les projets qui dérangent deviendront des opportunités de gains pour les premiers touchés par les désagréments de ces installations à l’instar des parcs éoliens. Le concept est simple. La plateforme permet aux investisseurs de choisir leur projet selon des critères spécifiques (la technologie employée, le statut du projet, montant à investir, etc…), de suivre l’avancée du projet et de toucher leurs dividendes.

Deux projets solaires sont d’ores et déjà proposés cet automne en Haute-Corse et dans le Var avec une promesse de 4,5% d’intérêts. D’autres projets sont en réflexion pour l’année 2016. Et ce n’est que le début. En effet, la démarche de ENGIE ne reste pas sans écho puisqu’une plateforme européenne appelée « Citizenergy » est prévue pour un lancement pour l’automne 2015. Sa finalité est la même que la start-up française. GreenChannel n’est pourtant pas la première plateforme à permettre le financement des EnR. Ainsi, Energie partagée créée en 2010 et Lumo créée en 2012 ont déjà permis de financer de nombreux projets. La différence est bien cette fois qu’un énergéticien suive cette tendance. Les détracteurs diront que c’est une opportunité de plus de renforcer leur monopole en collectant l’épargne des petits investisseurs sans pour autant les impliquer. Affaire à suivre donc…

Les codes du financement de la production d’énergie sont bouleversés par les énergies renouvelables et leur impact sur la population et les collectivités. Le Gouvernement n’est par ailleurs pas sans influence sur ces nouvelles tendances en prônant la décentralisation de l’énergie. Serait-ce le début d’une nouvelle ère du crowdfunding écologique en France ?