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Smart buildings : les acteurs du bâtiment qui se lancent dans la course

Les Smart buildings sont des bâtiments intégrant des solutions de gestion énergétique pour en optimiser la consommation. Ils permettraient de réaliser jusqu’à 40% d’économies d’énergie. Ces solutions ont évolué au fil des années : Les bâtiments intelligents se sont longtemps résumés à la GTC (gestion technique centralisée). Sur un site donné, cette solution permet de superviser indépendamment chaque installation technique (chauffage, éclairage, climatisation, ventilation) via un réseau de communication propre. La GTC a ensuite évolué vers de la GTB (gestion technique des bâtiments), pour superviser l’ensemble des équipements d’un même site. Grâce à ces systèmes, il est possible de réaliser l’acquisition de données (alarmes, état de fonctionnement, mesures) et de commander les différents équipements grâce à des automates programmables (gestion des éclairages, identification rapide des dysfonctionnements électriques, maintien en état de marche des alarmes incendie…).

La GTB se transforme encore aujourd’hui pour se tourner vers une gestion plus active du bâtiment, à travers des installations capables de communiquer entre elles à chaque instant (éclairage, fenêtres, accès, chauffage…) !

Au-delà d’une volonté de réaliser des économies d’énergie, les Smart buildings permettent ainsi de favoriser le confort et la sécurité des utilisateurs. Ils révolutionnent de ce fait le secteur du bâtiment grâce au développement de nouveaux usages (intégration d’énergies renouvelables, pilotage à distance des appareils électroménagers via les technologies IOT…) et transforment ses métiers.  Où en est le marché du Smart building aujourd’hui ? Qui sont les grands acteurs de ce secteur en expansion et quels sont leurs projets ? Découvrez les réponses à ces questions dans cet article.

Le marché du Smart building aujourd’hui

Un contexte réglementaire et technologique favorable

Au-delà des Smart grids, le marché du Smart building s’inscrit dans un contexte favorable de développement. Le cadre réglementaire est tout d’abord incitatif. En effet, la loi de transition énergétique votée en 2015 vise à une réduction de la consommation énergétique finale de 50% entre 2012 et 2050 notamment grâce au développement de bâtiments basse consommation, voire de Bepos (bâtiments à énergie positive qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment) et à la rénovation de bâtiments anciens peu performants. De plus, les réglementations thermiques mènent à des exigences environnementales poussant à plus de sobriété énergétique.


Un marché qui commence à se développer…

D’autre part, les avancées associées au développement de l’IoTet du Big data permettent d’envisager de nouvelles applications dans les bâtiments pour les rendre plus modulables et agir sur les consommations d’énergie ou sur le confort des utilisateurs. La baisse des coûts associés à ces technologies permet enfin de les démocratiser.

Le marché européen du Smart building est estimé à 2 milliards d’euros en 2017. A ce stade, il englobe principalement les bâtiments équipés de systèmes de GTB. Une étude Xerfi dédiée à l’étude de ce marché, estime que 6,5% des immeubles français en seront ainsi équipés à l’horizon 2020 et a prévu une augmentation annuelle de 3,5% pour ce marché. Une croissance de la GTB a particulièrement été observée dans le secteur tertiaire grâce à la reprise des constructions de surfaces de bureaux.

… notamment grâce à une association dédiée qui fait face à des enjeux clefs

Depuis 2012 existe la Smart building alliance, une association regroupant plus de 200 organisations travaillant dans les différents métiers du bâtiment (industriels, bureaux d’études, sociétés de services, promoteurs, architectes…), afin de leur permettre d’échanger et coopérer sur les thématiques nouvelles pour développer des bâtiments, des villes et des territoires plus intelligents et durables.

Cette association travaille également sur la mise en place d’un modèle économique viable pour les Smart buildings. En effet, près de 75% des dépenses effectuées sur un bâtiment sont liées à son exploitation (loyer, assurances, énergie, entretien, contrôles…). Pour réduire ces coûts, il ne suffit donc pas de s’intéresser à la performance énergétique du bâtiment, surtout au vu des faibles prix de l’électricité en France. L’un des enjeux clefs des Smart buildings est donc de mettre en place des systèmes permettant d’optimiser les coûts de fonctionnement associés.

Avec les Smart building, les métiers du bâtiment sont profondément transformés. Dès la conception, il est nécessaire de penser à des bâtiments qui pourront intégrer des systèmes communicants et d’identifier les bons usages. Grâce au développement du BIM, il est aussi possible d’avoir accès à des modèles et des maquettes qui contiennent des données fiables relatives au bâtiment sur toute sa durée de vie, pour mieux comprendre son fonctionnement et l’optimiser. Ainsi, pour faire face à ces transformations, la Smart building alliance travaille à la mise en place de formations à destination des différents experts du bâtiment (donneurs d’ordre, bureaux d’études, installateurs, exploitants) ainsi qu’à la création de filières de formation scolaires dédiées.

Les projets de Smart buildings

Aujourd’hui, les Smart buildings représentent une opportunité pour les différents acteurs du bâtiment : promoteurs immobiliers, constructeurs, équipementiers, énergéticiens…Plusieurs opérations pilotes se développent ainsi. En voici un aperçu :

Smartseille : Un nouveau quartier intégrant le Smart building construit par Eiffage

Ce quartier de 58 000 m² dont la construction a été initiée par Eiffage en 2017, souhaite offrir une mixité d’usage efficace entre les surfaces d’habitations, les commerces et les entreprises tertiaires. Basé sur un modèle de solidarité énergétique, ce quartier prévoit des échanges d’énergie entre les bureaux et les logements selon leurs heures d’occupation pour réaliser à terme 30% d’économies d’énergie. Par ailleurs, ce quartier sera équipé d’un haut débit internet permettant une diversité de services numériques : commande d’un véhicule électrique ou réservation d’une place de parking depuis un Smartphone.

Flexom : Le projet de logement connecté de Bouygues Immobilier

La branche immobilière du groupe Bouygues propose depuis peu, dans une partie des logements neufs construits, l’offre domotique Flexom. Grâce à l’utilisation de la domotique, cette offre permet de nombreux usages. Les utilisateurs définissent des scénarii facilement paramétrables (via une application smartphone) en fonction de leurs modes de vie et se fixent des objectifs chiffrés sur leurs consommations d’énergie ou d’eau. Ils peuvent ainsi piloter leur consommation de chauffage (grâce à un thermostat connecté) et le couper si une ouverture de fenêtre est détectée. Ils peuvent aussi gérer l’allumage de leurs lampes en fonction de leur présence dans une pièce et de la luminosité ambiante, et piloter leurs prises électriques à distance s’ils souhaitent débrancher un équipement. A travers Flexom, le groupe propose aussi des offres plus adaptées aux personnes pour leur garantir plus de sécurité dans leurs logements comme la coupure automatique de l’eau ou du gaz en cas de fuites.

Les projets des énergéticiens

Plusieurs énergéticiens tentent de bâtir une offre complète de maîtrise énergétique. Ainsi, Engie Cofely propose différents services via son offre Vertuoz pour arriver à un bâtiment plus intelligent: grâce aux données collectées, les utilisateurs peuvent avoir accès à un suivi régulier de leur consommation, identifier les anomalies grâce à un suivi multi-fluide et identifier les gisements d’économie possibles. Ils peuvent également établir des diagnostics de performance et se lancer des défis pour valoriser les comportements les plus vertueux !

Le fournisseur Direct Energie s’est également lancé sur le marché de la maison connectée, notamment à travers son offre d’installation de thermostat connecté. Grâce à Nest, les personnes équipées du chauffage au gaz bénéficieront d’un thermostat qui reconnaîtra leurs préférences en termes de chauffage et se programmera automatiquement pour s’y adapter. Pilotable à distance, il réduit automatiquement la température lorsque les occupants sont absents.

Les défis à relever

Si à travers ces différents exemples nous avons vu se développer une multitude d’offres et de services autour du Smart building, des défis restent à relever pour que ces bâtiments se démocratisent réellement. Les solutions développées à ce jour restent cloisonnées et représentent majoritairement des solutions propriétaires, donc difficilement interopérables. Cela concerne tout particulièrement les anciens bâtiments à rénover mais s’applique aussi aux nouvelles constructions. Il est donc nécessaire d’établir des solutions communes à tous (avec les mêmes modes de communication et de fonctionnement) pour permettre une connexion optimale entre les différents équipements et bâtiments. Le marché du Smart building suppose aussi de mettre en place des métiers adaptés aux nouveaux besoins et donc de proposer de nouvelles formations. Une fois ces défis relevés, les innovations pensées pour les Smart buildings transformeront durablement ce secteur !

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