L’étude Wavestone réalisée pour l’association Équilibre des Energies (EdEn) sur les perspectives de développement de la mobilité électrique en France a été présentée lundi 29 avril lors d’une soirée regroupant les principaux commanditaires de l’étude. L’objectif de cette soirée était de restituer les principaux enseignements ayant pu être tirés à la suite du travail réalisé conjointement par EdEn, représentée par Brice Lalonde, président de l’association, Jean-Pierre Hauet, Président du Comité scientifique, économique, environnemental et sociétal et Gilles Rogers-Boutbien, Secrétaire Général et Wavestone, représenté par Xavier Metz.

Ainsi, 21 recommandations ont pu être formulées, ces dernières s’orientant autour de 3 grands domaines ayant pour vocation de répondre aux grandes orientations de la politique énergétique française décidées par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). Il s’agit notamment d’accentuer les efforts au niveau de l’image du véhicule électrique, de son offre ainsi que du réseau d’infrastructures de recharge.

Une approche méthodologique originale

« Ensemble vers la mobilité électrique 2019 > 2025 > 2030 » est une étude prospective sur le développement du véhicule électrique à horizon 2025-2030. Afin d’identifier les principaux freins à son essor ainsi que les leviers à activer pour accélérer son adoption à grande échelle, Wavestone a favorisé une approche méthodologique originale et pragmatique, orientée client et fondée sur des cas d’usage représentatifs des différents segments du marché. De plus, l’étude s’appuie sur une écoute du marché, l’analyse des parcours clients et prend en compte le positionnement de l’ensemble des acteurs concernés par l’électromobilité.

 

De gauche à droite, Gilles Rogers Boutbien (EdEn), Servan Lacire (Bouygues Energies & Services), Thierry Lespiaucq (Volkswagen Group France), Xavier Metz (Wavestone), Régis Le Drezen (Enedis)

De gauche à droite, Gilles Rogers Boutbien (EdEn), Servan Lacire (Bouygues Energies & Services), Thierry Lespiaucq (Volkswagen Group France), Xavier Metz (Wavestone), Régis Le Drezen (Enedis)

 

Transformer l’image du véhicule électrique auprès du grand public et des entreprises

De plus en plus au cœur de l’actualité, la mobilité électrique reste encore un sujet méconnu du grand public. Afin de renforcer l’adoption du véhicule électrique par les français, il sera nécessaire de communiquer sur les avantages que ce type de véhicule offre afin de positionner l’électricité comme énergie des nouvelles mobilités. De plus, afin d’en développer les ventes, une sensibilisation et une formation des forces commerciales et plus largement des métiers en lien avec le client permettraient de pouvoir répondre au mieux à ses attentes en termes d’information. Favoriser l’adoption du véhicule électrique passera aussi par une communication à destination des entreprises et des taxis et VTC afin que ceux-ci intègrent l’électromobilité dans leur flotte. Ces actions devront bien-sûr être accompagnées et soutenues par le gouvernement et les collectivités locales afin d’en optimiser les retours.

 

Déployer une offre plus large de véhicules et de services rendant le véhicule électrique plus attractif que le véhicule thermique

Le développement de l’adoption du véhicule électrique passera aussi par le renforcement de l’offre afin que celui-ci gagne en compétitivité par rapport au véhicule thermique. Des incitations financières d’aides à l’acquisition et à l’utilisation du véhicule et le développement de la gamme des constructeurs automobiles permettront en effet de lever certaines barrières à l’achat pour le client. De plus, le développement de services associés et des infrastructures de recharges sont autant de facteurs qui apparaissent comme déterminants dans la facilitation du parcours d’achat des clients. Un réel effort de communication sur la disponibilité des bornes et le niveau de couverture du territoire français permettrait ainsi de rassurer les clients sur la facilité d’utilisation des véhicules. Enfin, la stimulation du marché de l’occasion, notamment via la sécurisation de la valeur de revente du véhicule, et plus particulièrement de sa batterie, conduirait à une plus large adoption du véhicule électrique. En effet, on peut estimer le parc de véhicules électriques de seconde main en 2030 à 2,5 millions d’unités. Cet élément est particulièrement important lorsque l’on sait que, sur environ 6 millions de véhicules vendus en France en moyenne par an, environ 4 millions sont des véhicules d’occasion.

 

Développer un réseau d’infrastructures de recharge suffisantes pour donner aux électromobilistes l’assurance d’un rayon d’action suffisant

Enfin, un des principaux leviers à activer pour permettre un développement à grande échelle du véhicule électrique est un réseau performant d’infrastructures de recharge permettant de rassurer le grand public sur le rayon d’action des véhicules. Pour cela, l’élaboration et le pilotage de schémas directeurs d’implantation d’infrastructures de recharges accessibles au public seront nécessaires. Cet effort devra aussi se concentrer sur l’accès à la recharge à domicile en logement collectif avec un rôle de référent technique à confier aux gestionnaires de réseaux de distribution. Ces infrastructures de recharge devront être implantées au sein des parkings publics mais aussi sur ceux des entreprises et des autoroutes afin que les électromobilistes puissent jouir d’un maillage complet du territoire français. Ce maillage, certes complexe, favorisera le développement de l’électromobilité en permettant des longs trajets comme des trajets plus courts du quotidien et donc en rassurant les utilisateurs sur le périmètre d’action des véhicules. Un travail de conseil des acteurs économiques sur l’équipement en infrastructures de recharge de leurs parkings-clients est aussi à réaliser. Enfin, il sera nécessaire de préparer le déploiement de nouveaux modes d’échanges entre véhicules et les autres infrastructures telles que les bâtiments et les réseaux afin de favoriser le pilotage de l’énergie. Ainsi, Schneider Electric travaille notamment au développement d’un logiciel de gestion de la recharge.

citation Xavier Metz et Bernard Guillaume

Sous réserve de la mise en œuvre de cet ensemble cohérent de recommandations, l’étude conclut à la possibilité d’atteindre en 2030 un parc automobile de 5,2 millions de véhicules particuliers électriques (dont 2 millions de véhicules hybrides rechargeables). Cette trajectoire s’inscrirait en adéquation avec les prévisions gouvernementales et en particulier avec la Programmation Pluriannuelle de l’Energie.

Les feux semblent donc pouvoir passer au vert relativement rapidement pour le véhicule électrique. Il s’agira donc d’accentuer les efforts et investissements pour permettre la création d’un écosystème complexe dont le développement et l’accélération nécessiteront une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes.

 

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