Après un bilan encourageant pour le Salon Hyvolution 2020, marqué par une mobilisation des acteurs en forte hausse, la filière hydrogène était en plein développement avant la pandémie du coronavirus. Depuis le Plan Hydrogène porté par Nicolas HULOT en 2018, les régions françaises se sont organisées localement pour promouvoir l’hydrogène comme un vecteur énergétique d’avenir. A l’image des plans H2 Vert Occitanie ou H2 Normandie, de nouveaux financements long terme ont permis de lancer de multiples projets impliquant diverses typologies d’acteurs (PME/PMI, industriels, centres de R&D, etc.). La production d’hydrogène vert (par électrolyse), le stockage pour optimiser la flexibilité des réseaux, le power to gas, ou encore la mobilité (et d’autres applications finales) sont autant de cas d’usages sur lesquels les collectivités territoriales se sont positionnées pour intégrer l’hydrogène aux politiques locales de transitions énergétiques.
Les régions françaises ont opté pour des positionnements différents. Une partie d’entre elles ont pris le rôle de chef d’orchestre des projets portés par leurs collectivités, ayant elles-mêmes leurs propres stratégies. D’autres ont préféré se positionner en  tant que porteur d’une feuille de route partagée et déclinée à l’échelle territoriale, appliquée par les collectivités. Même si de nombreux démonstrateurs et projets structurants (Jupiter 1000, Zero Emission Valley, GRHYD, etc.) ont permis de confirmer la montée en puissance technologique autour de l’hydrogène, des efforts restent à mener pour identifier des synergies entre les régions et ainsi tirer profit d’une dynamique commune à l’échelle nationale. De par la multiplicité des acteurs présents sur les projets, mais aussi des expertises qu’ils portent, la création d’emplois et la formation sont devenus des leviers déterminants pour simplifier la création d’écosystèmes au sein de la filière.
L’acceptabilité sociale ainsi que la mise à niveau et l’allégement des politiques de régulations demeurent également des enjeux clés pour faciliter un passage à l’échelle nationale du vecteur énergétique hydrogène.

Malgré un impact marqué sur l’économie mondiale, la crise sanitaire impliquée par la COVID-19 n’a pas pour autant freiné le développement de la filière hydrogène. Après que l’Europe ait mis en avant ses ambitions en termes de transition énergétique, la France a elle-même présenté sa stratégie pour la filière hydrogène le 8 septembre dernier. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili et le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, ont en effet présenté un plan stratégique national ambitieux pour le développement de l’hydrogène décarboné avec comme auditoire les membres de l’association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (AFHYPAC) et l’ensemble des acteurs et partenaires de la filière.

Voici ci-dessous une fiche descriptive des grands axes de cette stratégie hydrogène française 2020 :

En dévoilant son plan hydrogène, la France rejoint les états européens qui ont déjà présenté leurs stratégies nationales, Allemagne et Portugal notamment, et ceux qui s’apprêtent à le faire. L’Union Européenne a également détaillé sa propre stratégie pendant l’été, confirmant son intérêt pour la technologie hydrogène. Pour l’Union, le développement de la filière hydrogène européenne sera un des leviers qui permettra d’atteindre les objectifs fixés sur le changement climatique et sur la création d’emplois.

En se mobilisant avec sa propre stratégie, la France entend rejoindre l’initiative européenne et collaborer avec les états membres afin de construire une filière européenne d’excellence. L’intégration par la France de la structure européenne Clean Hydrogen Alliance matérialise cette ambition. Plutôt que de créer des marchés concurrentiels européens, le choix de la France est d’identifier des synergies avec ses partenaires pour développer des projets communs, avec l’Allemagne notamment, sur le modèle du « plan batteries ».

La France entend également adresser les obstacles, notamment réglementaires, qui représentent aujourd’hui un frein au développement d’une filière hydrogène performante, européenne et durable.