Le 5 mars dernier, la région Bourgogne-Franche-Comté a franchi une étape supplémentaire dans son plan hydrogène.

 
Le premier train à hydrogène d'Alstom à Groningen (source Shutterstock)

En passant officiellement commande de 3 rames à hydrogène à Alstom, champion français et pionnier du train à hydrogène en Europe, la région a ouvert la voie à ces nouveaux trains en présence de Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des TransportsJean-Pierre Farandou, PDG de la SNCFet Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional.

La Bourgogne-Franche-Comté fait partie des quatre régions ayant mandaté la SNCF pour une commande globale de 14 trains régionaux à hydrogène auprès d’Alstom, elle est désormais la première à avoir officiellement affirmé son intention de concrétiser la demande. 

 

51.9 millions d’euros d’investissements

C’est la somme que représente l’investissement associé à l’acquisition de ces trois premiers TER Coradia à hydrogène. La livraison est prévue courant 2023 pour une mise en exploitation commerciale un an et demi plus tard, une fois les essais de ligne validés. Cet investissement s’inscrit dans la feuille de route adoptée le 15 novembre 2019, qui prévoit de mobiliser 90 millions d’euros pour la filière hydrogène entre 2020 et 2030.

 

Un écosystème hydrogène territorial complet

Un centre de production d’hydrogène, installé à Auxerre, alimentera les trains à hydrogène mais également tout un écosystème local. Réalisée et exploitée par Hynamics, filiale du groupe EDF, au travers de sa société de projet CP3, la station produira de l’hydrogène par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité issu de sources renouvelables (les parcs éoliens, les barrages hydroélectriques du Morvan…). C’est donc le choix d’une production d’hydrogène vert (hydrogène produit par électrolyse de l’eau alimentée par des énergies renouvelables) et local qui a été fait.  

Attendue à l’automne 2021 et d’une puissance initiale de 1MW, cette station offrira une capacité de production de 400kg d’hydrogène par jour. Ayant pour objectifs dalimenter un écosystème varié, la station permettra de se recharger à 350 bars ou 700 bars au choix, et pourra donc alimenter?: 

  • Mobilité lourde (bus, camions, trains)
  • Utilitaires de flottes privées et publiques
  • Industrie
  • Bâtiments autonomes en énergie
     

 
Communiqué de presse de la région Bourgogne-Franche-Comté

Le coût de la station de production est pour le moment de 8,5M€ et est soutenu par l’ADEME et la région Bourgogne Franche-Comté. La région ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là puisque l’objectif est déjà de tripler la production d‘ici 2024, passant d’une capacité de production de 400kg à plus d’une tonne d’hydrogène vert par jour.

 

Des transports publics fonctionnant à 100% aux énergies renouvelables 

La communauté de l’Auxerrois compte bien profiter de cette station de production afin d’atteindre son objectif de bâtir un système de transport public fonctionnant à 100% aux énergies renouvelables. Dès fin 2021, 5 bus à hydrogène seront intégrés au réseau de transport en commun de la ville d’Auxerre et de son agglomération.  

Les piles à combustible seront fournies par Symbioun équipementier français pionnier du secteur qui a su convaincre Michelin et Faurecia qui détiennent désormais l’entreprise à parts égales. Tandis que les bus ont été commandé au français SAFRA, une PME française et une des seules entreprises européennes à proposer un bus à hydrogène. Leur arrivée dans l’agglomération d’Auxerre marquera le début de la mise en place de ce plan hydrogène ambitieux de la région Bourgogne-Franche-Comté.  

La station de production devrait pouvoir alimenter les bus de la ville dès l’automne 2021 et offrira 300km d’autonomie à chaque véhicule pour un temps de charge de 12 minutes.

 

Pour aller plus loin : LA FRANCE SUR LES RAILS DU TRAIN HYDROGÈNE