En avril 2011, dans le cadre du REX Fukushima, EDF a acté le principe d’une Force d’Action Rapide du Nucléaire (FARN). Cette force, conçue pour répondre à un accident majeur au sein du parc nucléaire français, devrait être pleinement opérationnelle fin 2014.

Le REX Fukushima

L’accident nucléaire intervenu le 11 mars 2011 au Japon a soulevé de nombreuses interrogations concernant la sécurité des centrales nucléaires françaises ainsi que la gestion des situations de crise. Si en début d’année, dans son rapport consécutif à l’audit post-Fukushima, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) estimait que les centrales françaises présentaient “un niveau de sûreté suffisant”, elle préconisait toutefois la création d’une Force d’Action Rapide du Nucléaire : la FARN.

Les super-héros du nucléaire ?

Que les choses soient claires, “il ne s’agit ni de liquidateurs, ni de super-héros” prévient Christophe Pilleux, responsable de l’Organisation nationale de crise du parc nucléaire d’EDF, mais plutôt de personnels expérimentés, issus des métiers de la conduite, de la maintenance des installations, de la logistique et de la radioprotection. Implantées dans quatre des 19 centrales de l’électricien (CNPE Bugey, Civaux, Dampierre et Paluel), les équipes de la FARN, regroupant entre 300 et 350 agents, devront être en capacité d’intervenir conjointement sur deux réacteurs d’un même site dès 2013, puis quatre à horizon 2014, et ce dans un délai de 24h.

D’importants moyens affectés

Afin d’appuyer ou suppléer les dispositifs locaux en cas d’incident majeur, la FARN bénéficiera d’importants moyens techniques, parmi lesquels des matériels indispensables au rétablissement des alimentations en eau, en électricité et en air comprimé. Conformément aux prescriptions de l’ASN, des groupes diesel de secours supplémentaires seront par exemple installés, ainsi que des moyens renforcés d’alimentation en eau.
Par ailleurs, la constitution d’un «noyau dur» sur chaque site devra permettre de disposer d’ici fin 2013 de locaux de crise robustes, capables notamment de résister à des arrivées d’eau massives.
Côté organisation, sur chaque base régionale, EDF envisage une répartition en 5 équipes d’astreinte, composées d’une dizaine de personnes chacune.

“Ne pas se cantonner dans l’attente d’un éventuel accident”

Afin de maintenir la fibre opérationnelle et ne pas démobiliser le personnel, l’emploi du temps des équipes de la FARN sera équitablement réparti entre des périodes d’entraînement et d’affectation sur site. «Il est important que ces experts puissent rester confrontés au quotidien : l’idée n’est surtout pas de se cantonner dans l’attente d’un éventuel accident» souligne Dominique Minière, directeur de la DPN (Division Production Nucléaire). D’ailleurs, comme le rappelle à juste titre Christophe Pilleux, la vocation de la FARN est “de n’avoir à intervenir qu’une fois tous les 10.000 ans”.