Le coût énergétique représente jusqu’à 40 % du budget informatique global d’une entreprise. Réaliser un audit et définir son profil énergétique pour mieux maîtriser sa facture est ainsi devenu un réel enjeu. Bien avant que l’audit énergétique ne devienne une obligation légale, certaines firmes pionnières, ont devancé les exigences en matière de « green it » et aujourd’hui leur anticipation paie : Google devient leader des « éco-TIC».

En menant des initiatives nombreuses et variées en faveur de l’environnement, depuis plusieurs années déjà, la firme de Mountain View a considérablement amélioré son image et réalisé d’énormes économies : une baisse globale d’un milliard de dollars sur sa facture électrique ! Grâce à ses infrastructures et ses actions, elle a été élue par Greenpeace leader du classement « Cool IT ». Celui-ci récompense les entreprises avec un lobbying politique actif soutenant l’écologie et des produits à  impact climatique réduit. Alors comment s’assurer d’une politique énergétique efficace et rentable ? Voici la méthode Google! 

1)    Réduire sa facture énergétique en innovant

Le système de refroidissement engendre souvent la plus importante dépense pour un centre informatique : 35 à 50% de l’électricité consommée sert à refroidir les serveurs. C’est pourquoi Google a inventé le centre de données refroidi à l’eau de mer !

Installé en Finlande, son Data center innovant ne dispose d’aucun système de refroidissement traditionnel mais exclusivement d’un système de free watercooling. Son fonctionnement est simple : l’eau de mer est aspirée dans des tunnels de granit et envoyée dans les tuyaux à travers le centre de données. Elle absorbe les calories dégagées par les serveurs avant d’être mélangée avec de l’eau froide puis reversée dans l’océan.

Ce Data center écologique (et économique), opérationnel depuis fin 2011, n’est qu’un premier pas pour le géant du Web qui, dans l’optique de limiter encore plus son impact environnemental, étudie la possibilité d‘installer des Data centers flottants en mer

En attendant, les Data centers Google consomment déjà 50% de moins d’électricité que les autres.

2)    Réduire son empreinte carbone en investissant

Depuis 2007, Google parvient à afficher un bilan carbone négatif.

Pour un « Web plus respectueux de l’environnement », 1/3 de l’électricité achetée est d’origine éolienne et les 2/3 restants sont compensés par des investissements dans des projets variés, allant de l’installation de parcs éoliens à celle de panneaux photovoltaïques sur toitures.

La réduction d’émissions de carbone se fait aussi par de « petites actions » au quotidien : l’installation de panneaux solaires sur la toiture des locaux, la promotion de l’usage du vélo auprès des salariés, etc.

Une fois combinés, ces efforts en matière d’économies, d’achat d’énergie propre et de compensations carbone génèrent plus d’énergie renouvelable que Google n’en consomme.

3)     Booster son capital sympathie en communiquant

Google publie les résultats de l’évaluation de son empreinte énergétique et affiche publiquement ses ambitions en matière de systèmes d’informations « verts ». La firme organise régulièrement des colloques et des conférences auxquels elle invite des représentants des associations professionnelles, politiques et gouvernementales pour communiquer sur la mise en pratique des principaux axes de sa politique environnementale. Elle dispose également d’un site web dédié à ses actions responsables et destiné au grand public.

Le géant du Net a déjà prouvé qu’il savait faire de son cœur de métier (les technologies numériques) un vrai cheval de Troie pour diversifier ses activités (présence sur 80 % des Smartphones mondiaux à travers OS Android, rachat de Motorola). Ne ne va-t-il pas profiter de l’avènement des Smart grids pour devenir plus qu’un simple « consommateur intelligent » d’électricité et investir ce marché en pleine mutation ? et si Google s’attaquait à la fourniture d’énergie