D’ici 2050, la population urbaine devrait représenter près de 70% de la population totale soit plus de 6 milliards de personnes concentrées dans les villes[1]. Pour ces villes la qualité de l’air devient un enjeu majeur. D’ores et déjà des solutions originales sont imaginées pour réduire la concentration des gaz et particules fines.

« Respirer » dans la ville

La qualité de l’air dépend de l’intensité des activités émettrices de polluants et de la météorologie. La combustion de charbon, le trafic automobile, le chauffage des secteurs résidentiels et tertiaires et les activités industrielles (chantiers, carrières, agriculture…) sont les principales activités émettrices. À Paris, cinq polluants posent problème et ne respectent pas les réglementations : le dioxyde d’azote, les particules (PM10 et PM2,5), l’ozone et le benzène. Le sujet est complexe mais l’enjeu de taille. Selon une étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology, la pollution de l’air est responsable de 3,2 millions de morts prématurées par an. Si les solutions de prévention ne sont adoptées qu’en cas extrême de pic de pollution, Air Liquide invite les étudiants à réfléchir à des solutions pérennes installées dans les villes. « Respirer » dans la ville, c’est le nom du concours lancé auprès de 10 écoles de design industriel pour répondre à cet enjeu de maîtrise de la qualité de l’air. Son but ? Imaginer des solutions innovantes et ingénieuses.

Pourquoi pas des abeilles ?

L’un des projets lauréats imagine des essaims de drones en forme d’abeilles qui seraient lâchés dans les villes pour butiner et récolter les particules nocives en suspension. Sur ces petits drones des filtres à air  permettraient de capturer les particules qui seraient stockées, rapportées dans des ruches spécifiques et traitées. Une fois les filtres nettoyés, les abeilles prendraient une petite recharge électrique pour repartir promptement.

D’autres projets ont retenus l’attention : un arbre en béton capable d’absorber le CO2 ou l’utilisation de coussins colorés pour filtrer l’air intérieur en étant actionnés par les mouvements des jeux d’enfants.

Perspectives et prototypes

« Respirer » dans la ville c’est aussi le nom de l’incubateur de l’i-Lab d’Air Liquide lancé il y a un an. Différentes start-ups tentent de répondre aussi au défi en apportant rapidement des solutions techniques à tester en réel. Diya One, le robot purificateur d’air est doté d’intelligence artificielle et traite l’air ambiant. Il est développé par Partnering Robotics qui a rejoint l’incubateur fin 2014. Au sein de l’i-Lab, Air Liquide se donne les moyens de brainstormer mais aussi de prototyper rapidement directement au contact des start-ups. D’ailleurs des solutions de végétalisation des villes, de traitement de l’air intérieur et d’objets connectés coexistent pour répondre à la problématique de la pollution urbaine avec différentes approches.

Filtrage et traitement de l’air sont des solutions viables de type “infirmerie” qui peuvent aider mais ne se soustraient pas à la nécessité d’une réponse industrielle et sociétale au problème. Une réponse portée par les véhicules électriques, la végétalisation et surtout les changement d’habitudes de mobilité pour réduire le trafic.

 

[1] Source : Air Liquide (http://respirerdanslaville.fr/)