La Programmation Pluriannuelle de l’énergie en France vise à une augmentation de la production d’électricité renouvelable de 102 à 113 gigawatts en 2028, soit deux fois plus qu’en 2017.

Stocker le surplus d’électricité est un réel enjeu car cela permet d’une part de palier à l’intermittence de la production ENR. D’autre part, cela permet d’alléger les contraintes sur le réseau électrique.

Le Power-to-gas pourrait être un levier utilisé par la France pour répondre aux objectifs ambitieux qu’elle s’est fixée en termes de production d’EnR et de réduction de gaz à effet de serre.

Eclairage de Clément Le Roy, senior manager au sein de Wavestone.

Depuis plusieurs années maintenant, on entend parler de « Power-to-gas ». C’est à dire de la conversion d’électricité en gaz. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ? Quel est l’intérêt d’une telle opération ?

Le Power-to-gas est une opération qui consiste à convertir le surplus d’électricité d’origine renouvelable (solaire ou éolien). Celle qui ne peut pas être injecté directement sur les réseaux ou consommé en direct, en gaz.

Concrètement, il s’agit d’une électrolyse de l’eau. Cette technique permettant la conversion de l’énergie électrique en énergie chimique sous forme de gaz hydrogène (H2) et d’oxygène (O2).

Une fois cet hydrogène produit, il est soit consommé sur place, stocké. Il peut encore être injecté dans les réseaux de transport et/ou de distribution de gaz. Il est à noter qu’il n’est pas possible d’injecter aujourd’hui de l’hydrogène « pur » dans les réseaux. Il faut donc le mélanger avec du méthane. La proportion est en général de 5 à 10% maximum d’hydrogène.

L’hydrogène produit peut également être converti en méthane de synthèse grâce à la méthanisation catalytique ou biologique. C’est un gaz 100% miscible avec le gaz naturel (opération dite de méthanation).

Une telle opération permet d’une part d’offrir une réelle synergie avec les infrastructures existantes et une utilisation diverse du gaz produit. Les usages peuvent alors être la production de chaleur, l’alimentation des véhicules fonctionnant au GNV (Gaz Naturel Véhicule), ou encore la reconversion de gaz en électricité et injection de cette dernière dans le réseau (boucle dite « Power-to-gas-to-power).

Retrouvez la suite de l’interview sur Le monde de l’énergie : https://www.lemondedelenergie.com/power-to-gas-solution-avenir/2020/03/23

 

Un autre article sur le sujet : https://www.energystream-wavestone.com/2018/12/power-to-gas-deploiement-heterogene-territoire-europeen/