Amazon achète la production d’éoliennes offshores

Amazon a annoncé lundi dernier son projet d’acheter la moitié de l’énergie produite par un parc éolien offshore qui sera situé au Pays Bas. Le parc en question sera construit par Shell et Eneco au large des côtes néerlandaises sur une surface de 175 km². Il accueillera près de 70 éoliennes pour une capacité totale de 759 mégawatts et entrera en activité en 2024.

Le communiqué du groupe précise : “Amazon achète plus de 50% de cette capacité, soit un total de 380 MW, pour alimenter nos activités en Europe. Notre investissement permet en outre le développement de ce projet éolien innovant et de grande envergure”. Pour situer ce que cela représente, et même si le facteur de charge n’est pas comparable, chaque réacteur nucléaire français fait entre 900 et 1300 MW (EDF).

Cet investissement représente le “plus grand projet d’énergie renouvelable à ce jour” d’Amazon et devra alimenter les sites européens du groupe. Rappelons qu’Amazon s’est fixé d’alimenter l’ensemble de ses installations en électricité renouvelable d’ici 2030. Les moyens déployés pour atteindre cet objectif font d’Amazon le premier acheteur d’électricité renouvelable au monde avec une capacité de 6.5 GW financée. Cela pourrait paraitre surprenant, mais les GAFAM sont presque tous présents dans le top 10 des acheteurs d’électricité renouvelable.

Les GAFAM et les ENR

Jusqu’à 2020, Google était le premier acheteur d’énergies renouvelables avant d’être dépassé par Amazon. Le célèbre moteur de recherche a lancé une démarche de neutralité carbone dès les années 2000 pour atteindre cet objectif en 2007. Google achète depuis 2017 « l’équivalent de 100 % de l’électricité qu’[il] consomme en énergies renouvelables » via sa filiale Google Energy. Dernier objectif : pour 2030 Google souhaite être totalement « Carbon free »  en éliminant ses émissions carbone passées, en garantissant d’alimenter 24h/24 l’ensemble de ses activités en énergies renouvelables, et en investissant pour la création de 5 GW d’énergies renouvelables.

Facebook avait l’objectif ambitieux d’alimenter ses activités, serveurs compris, en électricité renouvelable dès 2020. Leur rapport environnemental annonce qu’ils étaient à 86% de cet objectif en juillet dernier. Le groupe soutient la construction d’une ferme solaire au Texas qui aura une capacité de 300 MW. Il s’agit du premier investissement direct de l’entreprise dans les énergies renouvelables. L’électricité produite par les panneaux solaires sera vendue à Shell, elle ne servira pas directement à alimenter les infrastructures du groupe Facebook.

Microsoft a noué en 2019 avec ENGIE un partenariat d’achat d’électricité solaire et éolienne pour une puissance de 230 MW aux Etats-Unis. Dans le cadre de ce partenariat Microsoft fournit un cloud intelligent à l’énergéticien français qui permet d’optimiser la production et la maintenance des parcs éolien et solaire en analysant les données qu’ils récoltent. En janvier 2020, Microsoft a pris de nouveau engagements, à savoir d’éliminer plus de carbone de l’atmosphère qu’il n’en émet chaque année d’ici 2030, et d’éliminer l’ensemble du carbone émis depuis la création de l’entreprise pour 2050. En 2020 le groupe a ainsi financé l’élimination d’1,3 tonnes de carbone via 26 projets de partenariats.

Graphique Blog Microsoft

De son côté Apple, a annoncé que l’impact environnemental de ses produits serait nul en 2030. Le géant du numérique a annoncé en septembre dernier la construction de deux éoliennes géantes de 200 mètres de hauteur au Danemark. Ces éoliennes devront alimenter un data center situé dans la région.

Pourquoi un tel engagement des GAFAM ?

Les GAFAM représentent ce qu’il y a de plus avancé en matière de technologies. C’est pourquoi il parait cohérent qu’ils aient pris conscience de la nécessité de la transition énergétique à réaliser plus rapidement que d’autres entreprises. Ensuite les clients des GAFAM sont de plus en plus sensibles à l’environnement, et c’est un critère pour leurs choix. C’est pourquoi les géants du numérique investissent dans le but de répondre à leurs préoccupations et mieux les satisfaire.

Investir dans les énergies vertes est un moyen pour ces géants de sécuriser sur le long terme leur approvisionnement en énergie, et leur permet de ne pas être dépendants des acteurs traditionnels de l’énergie. Microsoft et Facebook sont, par exemple, membres de la Renewable Energy Buyers Alliance (REBA). Une association dont l’objectif est de développer le marché de l’achat d’énergies renouvelables par les entreprises et les associations.

Enfin il semble que l’environnement soit devenu un terrain concurrentiel pour ces acteurs majeurs qui sont en compétition perpétuelle et cherchent à se démarquer. Nous l’avons vu dans le cas de Microsoft, acheter de l’électricité verte permet de nouer des partenariats pour gagner des parts sur le marché B2B.

Le président de Microsoft Brad Smith admet qu’il existe une certaine compétition entre les géants technologiques sur l’environnement : « Quand je pense à toutes les dynamiques concurrentielles du secteur de la technologie, c’est probablement la meilleure »

 

 

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