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Smart cities : quel usage des réseaux sociaux ?

A l’ère de la smart city, comment mettre les réseaux sociaux au service de la ville et de l’habitant ? Tour d’horizon des nombreux exemples où smart city et réseaux sociaux se réunissent.

Les réseaux sociaux, vecteurs d’information au sein de la smart city

Dès le début des réseaux sociaux, villes et habitants ont développé eux-mêmes leurs usages pour mettre ceux-ci au service de leur environnement.

Ainsi, aujourd’hui, les collectivités utilisent quasiment systématiquement leurs comptes Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat pour relayer rapidement toute information utile aux habitants connectés (trafic, travaux, évènements, situations exceptionnelles).

Quant aux habitants, ils se sont aussi appropriés les réseaux sociaux notamment pour créer des communautés dans leurs villes par exemple dans le sport (strava, runtastic) ou encore dans les milieux associatifs (organisation d’évènements).

Certains réseaux sociaux l’ont bien compris et cherchent à faciliter le lien entre l’utilisateur et les informations liées à son lieu de vie.  De cette façon, Facebook a annoncé vouloir développer la recherche d’emploi sur sa plateforme. L’idée est de permette aux utilisateurs de trouver les offres d’emploi près de chez eux et de candidater directement via Facebook. Côté entreprise, il sera possible de poster des offres d’emploi et, en outre, de les sponsoriser pour qu’elles apparaissent aux profils dont la localisation et le domaine de compétence correspondent.

Ces nouveaux usages, s’ils facilitent notre accès à l’information, ne modifient pas profondément nos modes de vie. En revanche, c’est bien l’exploitation de l’immense gisement de données disponibles sur ces réseaux qui pourrait plus nettement affecter notre quotidien.

Les réseaux sociaux, gisement de données au service de la smart city

En effet, si la smart city exploite pour le moment essentiellement les données récoltées par les capteurs physiques (afin de connaître et monitorer l’état des réseaux), les données des réseaux sociaux -souvent géolocalisées- pourraient constituer une autre source prometteuse pour comprendre la ville.

L’avantage de ces données est double. Elles sont bon marché comparées à la pose de capteurs physiques et elles peuvent contenir une analyse de la situation, là où le capteur se contente d’une information quantitative sans analyse terrain. Bien sûr, elles contiennent aussi de nombreux biais.

Alors, est-il possible pour les villes de tirer parti de ces innombrables données ?

Flickr & ChattyMaps

ChattyMaps est un site qui recourt aux images postées sur Flickr et exploite d’une part la géolocalisation de l’image et d’autre part les hashtags liés au champ lexical du son. Grâce aux hashtags, Chattymaps parvient à déterminer de quoi se compose le bruit de la rue : transport, musique, conversation ou nature. Le site va même plus loin et propose son analyse des émotions perçues par le piéton : joie, confiance, colère, dégoût, etc.

Un aperçu des résultats de ChattyMaps à New-York

L’ambition de ChattyMaps est d’alimenter la réflexion des collectivités qui cherchent à redessiner leurs paysages sonores et pour qui le coût des capteurs est dissuasif. Une intention louable à notre époque où de nombreuses études pointent le bruit comme nouvel enjeu de santé public responsable d’insomnie, stress, hypertension, …

Toutefois, aucune ville française n’y est recensée pour le moment.

A noter que deux autres projets accompagnent celui de ChattyMaps.

SmellyMaps vous renseigne sur l’odeur de la rue : sent-elle la pollution, la nourriture, la nature, les déchets ou l’animal ? Plus de 280 mots ont été recensés pour analyser les hashtags associés aux photos Flickr, Instagram et aux tweets.

Enfin HappyMaps est un projet qui vise à proposer au piéton le meilleur trajet pour aller d’un point A à un point B non pas en termes de temps mais plutôt en termes de calme ou de beauté.

Yelp au service de la sécurité sanitaire

En 2012 et 2013, à New-York, le Department of Health and Mental Hygiene (DOHMH) en partenariat avec l’université de Columbia a testé un projet visant à détecter les restaurants ne respectant pas les règles d’hygiène. Ils se sont appuyés sur les commentaires publiés sur le réseau social Yelp qui présentent le double avantage d’être publics et géolocalisés. L’analyse des commentaires des utilisateurs via la recherche des mots clés « sick » « vomit » « food poisoning » a permis d’identifier 3 restaurants ayant déclenché des intoxications alimentaires. Dans ces lieux, les contrôles sanitaires qui ont suivi ont effectivement démontré un certain nombre de violations des règles d’hygiènes les plus élémentaires.

Cela paraît peu mais cela représente en réalité 10% des cas identifiés annuellement. En effet, peu sont les clients qui ont le réflexe de signaler une intoxication alimentaire aux autorités et, parmi les 3000 signalements reçus à New York chaque année, seuls 30 s’avèrent effectivement liés aux mauvaises pratiques du restaurant. Yelp a donc le mérite de faciliter cette détection. Une perspective intéressante au regard du nombre de restaurants et à l’impossibilité pour les autorités de les contrôler tous mais qui comporte ses limitations : le projet s’est concentré sur les commentaires Yelp les mieux notés et n’a enquêté que lorsque les auteurs desdits commentaires répondaient à leur demande d’entretien. Impossible donc d’être exhaustif.

Ce projet a inspiré la FDA (Food & Drug Administration) qui songe à utiliser les requêtes Google des internautes pour mieux détecter les effets secondaires des médicaments.

La sécurité

Enfin, s’il y a bien un domaine où l’utilisation des données des réseaux sociaux est florissante, il s’agit de la sécurité. Les réseaux sociaux peuvent-ils contribuer à rendre la ville plus sûre ?

Encore une fois, Facebook l’a bien compris comme le montre la mise en place du service safety check utilisé la première fois en France lors des attentats de Paris de novembre 2015 et qui s’est depuis généralisé.

Si l’initiative a généralement été bien accueillie car elle permet de rassurer rapidement tout le réseau social de l’utilisateur, elle a aussi soulevé quelques questions. Parmi, elles : quelle est la légitimité d’une entreprise privée à déterminer la gravité d’un évènement ?  Quand lancer cet outil afin qu’il ne soit ni trop tôt et ni trop tard ?

Facebook a évacué ces questions en modifiant l’outil afin que les utilisateurs seuls aient la possibilité de déclencher un safety check autour d’eux. A présent, c’est un programme qui identifie une situation potentiellement à risque et qui propose à un petit nombre d’utilisateurs de déployer le safety check.

Citons également Twitter qui a été le relais du #portesouvertes. A l’image de Facebook, l’idée a reçu son lot de critiques : était-ce bien avisé d’indiquer son domicile sur un réseau social entièrement public ?

Le deuxième aspect du volet sécurité concerne les nombreuses sociétés qui offrent de faire de la surveillance des réseaux sociaux (« social media monitoring »). Ce domaine permet aux entreprises de suivre la perception de son image de marque mais il peut aussi servir à surveiller les populations. Il est difficile de réunir des informations sur ce sujet. Les réseaux sociaux communiquent peu sur les données qu’ils rendent accessibles commercialement. Et les entreprises ou même les services de l’état qui y font appel en font également rarement l’étalage.

Cependant, citons l’exemple de Geofeedia, empêtrée dans un scandale depuis que l’ACLU (American Civil Liberties Union) a révélé que l’entreprise a offert ses services aux forces de l’ordre pour détecter et traquer certains militants par exemple lors des manifestions de Ferguson.

Un aperçu des informations délivrées par Geofeedia

Cette pratique inquiète au sein des associations de défense des libertés. Les réseaux sociaux et autres sociétés privées partenaires sont-ils les mieux placés pour accéder à ces données et déterminer qui sont les profils à risque ?

En somme, les données des réseaux sociaux constituent réellement une source intéressante pour rentre la ville encore plus smart. Mais les freins sont nombreux, et comme souvent, la question de la protection des données et de la vie privée est centrale. Toutefois, quelques exemples comme ChattyMaps ou l’exploitation de Yelp par le DOHMH montrent un vrai potentiel pour d’amélioration des services urbains.

 

 

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